Mon Forza Motorsport n’arrivera jamais

Si vous êtes jeune, de passage en Nouvelle-Zélande et à la recherche d’un lit pas cher, je vous recommande « Just the duck’s Nuts » à Tauranga. Pendant que vous y êtes, vous me préviendrez si le poster qui indique « If you try to please everyone, no one will like it » (si vous essayez de plaire à tout le monde, personne n’aimera) est toujours présent dans les toilettes:

 Plaire à tout le monde c’est ce que Forza Motorsport tente de faire mais évidemment, « on ne peut pas plaire à tout le monde ».

L’une des choses que je respecte le plus au sujet de Gran Turismo, c’est le fait que la franchise soit restée fidèle à ses racines. Sûre de son fait, elle ne s’est jamais éloignée de la course. C’est peut-être dû au fait que le mode de communication de Polyphony Digital est différent…Kazunori Yamauchi a un statut de demi-dieu parmi la communauté GT et personne ne remet en question les choix qu’il fait pour son jeu, bons ou moins bons. Pour Dan Greenawalt c’est différent.

Japan versus America

En bon américain, Greenawalt est plus « proche » dans sa communication et cette proximité rend son jeu bien plus ouvert à la critique que son cousin asiatique. Aussi tôt que le second opus, Greenawalt a martelé la phrase « clé » de la franchise Forza: « Faire des fans d’automobile des joueurs et faire des joueurs des fans d’automobile« . Dans cette phrase, il n’est pas fait mention de « course » ou de « sports mécaniques« …donc on peut considérer que le père Greenawalt n’a jamais menti sur la marchandise.

Car il n’y a pas de sports mécaniques dans Forza Motorsport.

Etonnant vu que c’est exactement ce que Motorsport veut dire.

Aucun aspect clé des sports mécaniques n’est présent dans le jeu…voilà pourquoi je pense que Turn 10 pourrait renommer son jeu Forza Automobile (avec l’accent italien) dans lequel on pourrait collectionner des autos comme le sultan de Bruneï, les présenter dans de magnifiques hangars ou bâtiments privés, et les faire visiter en ligne dans un environnement 3D. Un peu comme un mix de PGR3 et de Test Drive Unlimited 2. Évidemment on pourrait entrer dans les voitures et faire quelques tours d’un circuit d’essai tout proche (ou circuit prestigieux autour du monde), sans se soucier de dégradation des pneumatiques ou de consommation d’essence.

Ça ressemble beaucoup à Forza Motorsport. En fait, pour moi, c’est ça Forza Motorsport.

Carrière? De pilote? De course?

Après l’excitation initiale, nouveau jeu, nouvelle console, nouvelle IA, nouveaux circuits…Le retour à la réalité a été assez brutal en ce qui me concerne. J’aimerais connaître la date de ma dernière participation à une course de carrière dans Forza 5…ça doit remonter à loin…

Où est passé cette histoire « d’attachement » à tel ou tel véhicule? Si je prends une Nissan Skyline R32 GT-R, je ne peux pas l’utiliser où je veux, ou en fait si, mais il faut que je cherche et trouve la catégorie spécifique de la classe du véhicule. Une fois que j’y suis, je suis balancé de course en course (« nous prenons la direction de la Belgique et le circuit de Spa-Francorchamps……..« ) avant de me retrouver en dernière place face à 15 individus que je dois dépasser en 2 tours. Mais point de crainte, la 3ème place vaut autant que la première, il n’est même plus utile de se battre pour la victoire, le neuvième à une médaille de bronze! Oh et il n’est pas possible de « quitter » un « championnat » en cours, il faut aller à son terme avant de choisir la prochaine catégorie…

Bref, je trouve la structure même de la carrière incroyablement pauvre. Voilà pourquoi je passe mon temps entre achat/montage/réglage de véhicules et essais privés (qui ne valent aucun point d’XP, sinon je serais au niveau 1500 depuis longtemps).

Il n’y a aucune sensation d’engagement personnel (factures, réparation/remplacement de pièces usées, frais divers) ou de progression (pilote débutant, amateur, gentleman driver, professionnel, responsabilité pour ses actions en course) dans le jeu. Ou même d’attachement a une auto, autre que personnel. On glisse sur un tapis volant de circuit en circuit, sans essais, qualifications ou véritable « connexion » avec l’expérience de jeu.

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Mais ce n’est que mon avis.

J’aime les sports mécaniques. Je suis les courses à la TV, les résultats, je suis intéressé par l’aspect technique des véhicules mais aussi des circuits et du pilotage, connaissances que j’essaie ensuite d’appliquer en jeu vidéo (c’est moins onéreux).

Les manquements côté « circuits » se retrouvent dans les autres aspects du jeu. les fans de Drag peuvent se sentir également lésés, pas de staging (chauffer les pneus avant départ) et autres subtilités. Pareil pour les fans de Drift, pour les peintres (plus de vitrine), j’en passe et des meilleures.

Si de nombreuses critiques adressées à Turn 10 concernent le contenu, il me semble qu’il y a une remise en question à effectuer. Project CARS aura bien moins de voitures (peut-être + de circuits cependant) mais l’expérience « promet » d’être bien plus engageante pour les fans de sports mécaniques comme moi. J’ai peur que l’expérience Forza Motorsport ne fasse que se diluer à chaque itération pour, au final, « être bonne à un peu tout mais excellente à rien du tout. »

Le Forza Motorsport que je veux n’existera jamais, il y a trop d’autres gens à satisfaire, au risque de finir par ne vraiment plaire à personne.

 

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