Test de WRC 2010 sur Xbox 360

Absent des consoles de salon depuis 2005, le championnat du monde des rallyes fait enfin son grand retour par le biais du modeste studio Italien Milestone. Le résultat est à 1 clic et ne surprendra pas grand monde. Je m’étais posé la question il y a quelque temps (url), pourquoi certaines grandes licences du sport auto ne trouvent elles pas preneur ? C’était avant que Codemasters annonce son contrat pour la F1 et Milestone celui du WRC.

Codemasters est l’un des plus grands noms quand on parle de studios spécialisés dans les jeux de course, le duo Milestone-WRC est déjà plus étonnant. Le studio saura-t-il faire honneur au plus grand championnat de rallye au monde ? Après des mois d’attente, la première prise en main a pu se faire via la démo (url), rendue disponible il y a quelques semaines. Le jeu final permet de confirmer qu’entre temps, le jeu n’a pas évolué mais entrons un peu plus dans les détails…

Contenu fidèle

Avec une telle licence, le contenu dans son ensemble se doit d’être disponible et à ce niveau-là, les puristes trouveront déjà de quoi rechigner. Certes les pays, les véhicules, les pilotes, les équipes sont tous présents à l’appel, il est donc possible de s’attaquer à la Suède, l’Espagne, la Bulgarie ou encore la Jordanie au volant de machines diverses des 4 catégories du WRC, mais les développeurs se sont quand même permis quelques largesses au niveau des décors et environnements même si le « style » de chaque rallye est respecté.

test-wrc-2010-01Les spécificités de chaque étape sont donc représentées de façon assez fidèle et l’amateur s’y croira. Par contre, le véritable féru de WRC détectera immédiatement des différences  qui heureusement ne sont pas trop gênantes et ne gâchent pas l’expérience de jeu… Quoi qu’il en soit, l’éventail de possibilités assure une bonne durée de vie que ce soit online ou offline.

Parmi les gros absents du contenu on note les super spéciales (souvent en stade fermé) et la règle du super rally qui permet à une équipe qui détruit son auto très tôt dans la course de la reconstruire et de tenter de récupérer des points sur le reste de la manche. Etant donné que les rallyes sont courts dans WRC et le fait de détruire sa machine quasiment impossible, c’est un oubli qui ne surprend pas après coup.

Ascension en carrière

Le mode carrière est très bien articulé autour de l’ascension de votre écurie vers les sommets du WRC en commençant par les machines 2 roues Motrices, puis les « Groupe N », les « S2000 » et le top du top les « WRC ».Il est possible de donner un nom à son écurie et aussi de choisir un coéquipier homme ou femme, ses noms/prénoms/nationalité etc avant de vous lancer dans l’aventure…les nombreuses manches permettent de se familiariser avec les spéciales et les machines petit à petit. Souvent, des coupes spéciales imposent un véhicule précis, c’est un moyen simple de vous pousser à acheter et essayer les différentes autos d’une classe avant de passer à quelque chose de plus puissant ou pointu.Des objectifs vous sont imposés à chaque participation, il s’agit la plupart du temps de terminer dans le top10/top5/top3 mais il arrive d’avoir à battre un adversaire en particulier. La réussite vous permet de toucher de l’argent à dépenser en nouvelles autos mais aussi en nouveaux décals et couleurs sur votre machine. Au fur et à mesure de votre carrière, vous débloquez de nouveaux sponsors qui rapportent légèrement plus en fonction des résultats.

test-wrc-2010-02A noter qu’il n’est pas obligatoire de remplir tous les objectifs pour pouvoir avancer.La progression, même rapide, semble proche de celle d’une vraie écurie privée. Un gros bémol cependant: lors des rallyes comprenant un enchainement de spéciales, les dégâts sont réparés en fonction du temps disponible (60 minutes) et non pas de l’argent, il n’y a donc aucune pénalité financière si vous prenez des risques en course et c’est vraiment dommage…autre point assez frustrant durant la carrière ; si vous prenez un mauvais départ ou avez un accident tôt dans la spéciale, inutile de repartir le couteau entre les dents, il est possible de recommencer la spéciale sans perdre la progression préalable dans le rallye ! C’est là quelque chose qui tue un peu l’âme d’une compétition de rallye.Le seul mode dans lequel c’est impossible (de redémarrer), c’est en online. Un mode d’ailleurs assez excellent mais j’y reviendrais plus tard.

Apparence dépassée

Sur Xbox 360, la qualité des graphismes que vous voyez dépendra de votre TV et de votre connectique, les différences entre TV HD étant quand même minimes pour un seul et même produit. Du coup il ne faut pas s’en cacher, WRC est moche, quel que soit le bout par lequel on le prend. La modélisation des décors est vraiment en dessous de tout standard Xbox 360 en 2010, on est plus en présence d’un niveau de génération précédente ce qui est quand même assez affligeant…les autos sont mieux réalisées en général et on voit que plus de polygones ont été utilisés pour leur modélisation.

test-wrc-2010-03Vraiment, sans être un accro des graphismes « Full HD », on ne peut qu’être choqué devant la pauvreté de la réalisation du studio Milestone. Les menus sont également pauvres, peu détaillés et au final juste informatifs, sans plus. Bizarre qu’ils n’aient pas pensé à reprendre le modèle des jeux Superstars V8 et SBK dans lesquels on se retrouve dans le pitbox, juste à côté de notre machine superbement modélisée en 3D… Certains rallyes s’en sortent mieux que d’autres cependant et comme souvent les spéciales « humides » semblent un poil plus jolies que les autres…même si le flou ambiant et quelques pop ups n’arrangent pas vraiment les choses.

Gameplay « technique »

Le gameplay de WRC est assez spécial, impossible de la cataloguer comme « arcade » car si on joue comme un bourrin la spéciale se termine très très vite…mais également impossible d’y voir là une véritable simulation. Le poids de la voiture se ressent assez mal et les changements brusques de direction (notamment à faible allure) n’ont pas grand-chose de réaliste, surtout en 4 roues motrices.Cependant, le fait d’avoir à placer l’auto très en avance en trajectoire impose une grande précision et concentration et c’est là que le fun fait son apparition.Les réactions des autos en fonction de leurs caractéristiques (traction, 4rm, je n‘ai pas testé la R5 Turbo propulsion) sont assez crédibles dans le sens ou on ressent bien le sous/sur-virage et aussi la puissance et le couple. Malgré cela, les développeurs ont trop aseptisé le ressenti à la manette (et j’imagine aussi au volant) car il est très rare que la manette vibre et tremble…dommage car s’il  y a bien quelque chose qu’une machine de rallye fait sans cesse c’est vibrer et trembler !

test-wrc-2010-04Pour apprécier le gameplay il faut jeter un œil aux spéciales créées dans le jeu. Pour la plupart elles sont bonnes et comme dit plus haut, elles reprennent l’esprit du lieu dans lequel elles sont disputées.Malheureusement elles sont souvent bien trop larges comparé à ce que les véritables pilotes affrontent. La largeur de la route diminue aussi l’effet de vitesse alors que les bruits moteurs et environnement ne font rien pour rattraper la copie. Avec les tractions et S2000, les bruitages moteurs sont satisfaisants et vraiment semblables à ce que l’on peut attendre d’un petit moteur 4 cylindres atmosphérique (en 2 roues motrices). Quand on passe au turbo, les choses se gâtent…n’ayant jamais mis les pieds dans une Focus WRC ou même une Lancer Evo X Group N, j’ai du mal à croire que le bruit du moteur soit si étouffé.Par ailleurs, si vous avez lu la news révélée le jour même de la sortie du jeu qui précise que Milestone reverra totalement la trame sonore du jeu pour la version 2011, vous comprenez que c’est quasiment un aveux d’échec du studio italien à ce niveau-là.Quoi qu’il en soit et pour terminer sur le gameplay, je dois avouer que je suis assez fan car même en connaissant les spéciales, il faut toujours une bonne dose de réactivité pour aller chercher le scratch et aussi une bonne dose de confiance, ce qui au bout du compte est assez réaliste.

Online salvateur

test-wrc-2010-05Les modes « spéciale unique », « rallye unique » et « championnat » sont disponibles en online via le Xbox LIVE. Quel que soit le mode, il est possible de rejoindre la partie en cours et d’ajouter son nom à une liste qui peut aller jusqu’à 15 adversaires !Il est possible via option de faire apparaitre ou non le fantôme de la voiture de vos adversaires, ce qui peut rendre le jeu très brouillon. De toute façon, les temps intermédiaires et l’avance sont indiqués lorsque vous progressez dans la spéciale. Il est bien sûr possible d’enlever la totalité des infos visibles à l’écran pour une immersion plus grande. Comme dis plus haut, le online ne pardonne pas, pas de « boom – oh merde – start – recommencer » pour vous sauver, il faut savoir attaquer mais surtout rester sur la piste, notamment en rallye unique voire championnat où le temps total fera gagner et non pas le scratch sur une seule et unique spéciale.

Après quelques parties, il est clair que les modes online peuvent donner lieu à des batailles assez énormes qui se jouent à quelques millièmes de seconde !Autre détail sympa, le créateur de la partie peut influer sur le changement de spéciale, le changement peut se faire automatiquement, au choix de l’hôte ou via un système de votes (rallye+spéciale) qui est très bien intégré. Un peu moins bien intégré c’est l’obligation d’avoir à appuyer sur un bouton pour pouvoir chatter en course, il va falloir attendre les lignes droites !Hormis les modes online, WRC propose également un mode « tour de rôle » dans lequel il est possible de jouer en spéciale unique/rallye unique ou championnat en partageant la manette avec des amis.

Absent des consoles de salon depuis 2005, le championnat du monde des rallyes fait enfin son grand retour par le biais du modeste studio Italien Milestone. Le résultat est à 1 clic et ne surprendra pas grand monde. Je m’étais posé la question il y a quelque temps (url), pourquoi certaines grandes licences du sport auto ne trouvent elles pas preneur ? C’était avant que Codemasters annonce son contrat pour la F1 et Milestone celui du WRC. Codemasters est l’un des plus grands noms quand on parle de studios spécialisés dans les jeux de course, le duo Milestone-WRC est déjà…

Passage en revue

Note générale

Pas le jeu que mérite le WRC

Résumé : Réalisé par un studio modeste qui n’a pas les moyens d’un Codemasters, Turn10 ou EA, WRC 2010 n’est pas le jeu que les fans de rallye attendaient, il déçoit à plus d’un niveau même si le gameplay « technique » en fait un jeu qu’il est très satisfaisant de maitriser, notamment en ligne. Déjà au travail sur la version 2011, il faut espérer que Milestone écoute les critiques des joueurs et passionnés qui ne demandent qu’à améliorer la qualité et la crédibilité du jeu, mais nous écouteront-ils seulement… Avec des graphismes « 2010 », le jeu aurait certainement reçu un accueil plus chaleureux de la part du public, un point sur lequel ils seront attendus au tournant pour l’année prochaine.

Note de l'utilisateur Soyez le premier ou la première !

Les plus

 

Les moins

  • Construction mode carrière
  • Gameplay intéressant
  • Modes online très bien pensés
  • Durée de vie
 
  • Graphismes pauvres
  • Sons décevants (WRC)
  • Copilotes agaçants
  • Notes incohérentes
  • Bugs d’affichage et collision
  • Pas assez de vibrations (manette/volant)
  • Obligation de rentrer manuellement son nom à chaque record
  • Pas d’animations pendant les rallyes (service, podiums…)
  • Certaines spéciales trop sombres
  • Réapparition automatique en cas de sortie de piste

 

Laisser un commentaire

x

Cela pourrait vous intéresser

Un premier trailer pour Cars 3 : Course vers la Victoire

Avec le film qui doit arriver dans les salles obscures à partir du 2 Août prochain, nous aurons le droit aussi à une adaptation en jeux de la licence. Développé par les studios d’Avalanche Software, Cars 3 : Course vers la Victoire vous proposera de prendre le contrôle d’une vingtaine de bolides personnalisables parmi lesquels on retrouve Flash McQueen et Jackson Storm et de prendre part à des courses sur plus de 20 circuits créés dans 13 environnements différents comme Radiator Springs et le Circuit international de Floride.