Nos tests TT Isle of Man 2

Test de TT Isle of Man 2 sur Xbox One X

C’est en mars 2018 que Kylotonn a exaucé le vœux de nombreux riders fans de jeux vidéo (ou inversement) avec la sortie de TT Isle of Man, un jeu dédié à ce qui est probablement la compétition à 2 roues la plus folle et dangereuse au monde ! Et ce jeu nous avait bien plu! Tout juste 2 ans plus tard, voici la suite, alors, pas en avant, stagnation ou catastrophe ?

Présentation

L’Isle of Man TT ou Tourist Trophy est une course à moto qui a lieu chaque année ou presque depuis 1907, étant donné les événements actuels, ce ne sera pas le cas en 2020 et c’est donc peut-être l’occasion idéale de se pencher sur son pendant virtuel!

Le clou du spectacle c’est bien sûr la piste “Snaefell Mountain Course” et ses 60 kilomètres de longueur, le défi ULTIME pour tout amateur de 2 roues sur asphalte. S’il vous faudra des heures et des heures pour en maîtriser tous les virages, il existe heureusement d’autres tracés à taille “humaine” si vous voulez limiter les sessions en stress total pendant 20 minutes non stop!!

Comme tout bon jeu de course qui se respecte, “TTIoM2” propose des modes classiques en solo (carrière, contre la montre, course rapide, conduite libre…) et multijoueur en ligne ou hors ligne. Il ne manque rien et c’est généralement en carrière que les joueurs se lanceront. Celle-ci débute avec un rapide tutoriel qui permet de s’acclimater au gameplay mais aussi à l’environnement visuel du titre. Une fois ce tuto terminé, vous pouvez débuter les hostilités avec des réglages assez “amicaux” à savoir la physique du jeu placée en “semi-pro” avec les freins combinés, la mise auto sous la bulle, la boîte automatique et tout un tas d’aides concernant le patinage, cabrage et stoppie. Même si vous êtes un vétéran des jeux de course et du précédent TTIoM, je ne saurais trop vous conseiller de prendre le temps d’être à l’aise avec le gameplay avant de jouer en “pro” ou “simulation” (il existe également une difficulté inférieure pour la physique nommée “amateur”). Un réglage personnalisé permet de gérer entièrement les caractéristiques du gameplay.

KT Racing offre de nombreuses options avant d’entrer en piste concernant le pilotage évidemment mais aussi les angles de caméra (6) et un mode regard dynamique.

Comme son prédécesseur, TTIoM fonctionne en carrière via un système de calendrier. Chaque “journée” est visible sous forme de case avec plusieurs événements disponibles. Certains sont bloqués et nécessitent des conditions requises pour participer. Une fois que vous avez signé un contrat et choisi une monture et une catégorie (SuperBike ou SuperSport), c’est parti! A noter que le tout est vraiment clair et que presque chaque nouveauté est expliquée par des info-bulles donc tant que vous ne skippez pas tout comme un malade en appuyant sur A sans cesse, vous pourrez rapidement comprendre le fonctionnement de ce mode. Et même si c’était le cas vous pouvez utiliser la fonction aide qui permet de relire toutes ces informations à tout moment.

Allez hop, il est temps d’entrer en piste.

Gameplay

Les gens sont méchants, vous avez remarqué ça? J’ai toujours été surpris par les propos tenus dans les commentaires des publications de TTIoM sur les réseaux sociaux, notamment concernant le gameplay. Trop dur d’un côté, pas assez réaliste de l’autre. Pourtant, je n’ai jamais été vraiment gêné par le comportement des motos dans le 1er jeu étant donné que la vraie star c’est bien la piste légendaire de 60 km mais bon, il semble que pas mal de personnes aimeraient voir le gameplay de Ride (excellent d’ailleurs) greffé aux routes fermées de l’Ile de Man, et quelque part, on s’en rapproche.

Le gameplay dans TTIoM2 me semble subtilement différent de celui du premier volet, un peu plus accessible et “Ride-esque”. Des 2 titres, je pense que Milestone s’en sort un peu mieux mais que KT Racing a plus de caractère, encore une fois, c’est vraiment l’environnement qui fait la différence.

Avec énormément de pistes situées sur des routes fermées, on se retrouve avec TTIoM2 devant un défi très différent. Il faut absolument éviter les bas côtés (herbe, bordures et bien sûr murets…) et du coup, il est plus difficile de jouer (en tout cas pour moi), de manière très agressive d’emblée. Comme certains, je joue en maintenant le stick analogique de gauche vers le haut (même si la mise sous la bulle est automatique) afin d’être plus “fluide” dans les changements de direction. Cette technique est efficace (j’ai essayé sans et je me sens moins précis) mais elle est également risquée car dans le cas de saut ou pente, c’est la chute quasiment garantie. Il faut donc s’adapter à la piste en question et déplacer le corps du rider pour maximiser la performance sur telle ou telle portion du tracé. Ce qui n’est pas plus mal!

Si ce jeu n’est clairement pas une simulation pure et dure, il reste relativement difficile et vous pourrez amortir votre investissement en passant les premières heures à “dompter” la bête (et je ne suis qu’en SuperSport, les SBK sont complètement ridiculement dingues une fois encore). L’anticipation est le nerf de la guerre ici et avec autant de longues courbes à haute vitesse, vous devrez inscrire votre moto dans les virages très tôt pour passer le plus vite possible. A ma grande tristesse, cela veut dire jouer avec la ligne de trajectoires (au moins pour les freinages) au début parce que nombre de pistes sont vraiment longues et demanderont pas mal de temps avant d’être mémorisées, contrairement à un jeu sur circuits “classiques” que l’on connaît souvent par cœur après des années de jeu ou vidéos regardées sur le net ou à la TV.

Une fois encore donc, l’Irlande et ses charmes donnent une saveur bien particulière à ce TTIoM mais je ne peux m’empêcher de penser que les développeurs ont dilué un peu le gameplay de leur bébé, à tort ou à raison.

Une fois de retour dans les menus de la carrière, on découvre le système “d’avantages” qui est l’une des clés de ce jeu. En effet, selon vos résultats (et vous pouvez consulter les actions à effectuer avant course pour débloquer tel ou tel élément) vous pourrez obtenir des avantages classés en 4 catégories. Ceux-ci pourront être activés avant une épreuve pour maximiser vos gains ou la performance de votre monture. Les avantages “mécaniciens” et ingénieurs” permettent d’optimiser la moto alors que les onglets “assurance” et “influence” vous assurent des bonus en cas de respect des pré-requis (par exemple terminer dans le top 3 sans recommencer). A noter que vous disposez d’une limite de points à dépenser pour ces avantages. 

A cela s’ajoute les pièces performance que vous pourrez débloquer au fur et à mesure de la carrière ou alors en les achetant directement depuis la boutique correspondant à votre modèle. Celles-ci sont assez chères cependant donc vous voudrez peut-être, au moins au début, vous contenter de la moto d’origine voire des pièces directement gagnées grâce à vos résultats. D’ailleurs, vous ne choisissez pas directement la difficulté de l’IA pour toute la carrière mais plutôt la difficulté des épreuves. Un code couleur permet de rapidement déterminer le simple (vert) du difficile (rouge) et plus c’est compliqué, plus les récompenses sont intéressantes. Dans la pratique, vous vous retrouvez généralement avec un rider qui s’échappe et vous demandera vitesse et endurance pour gagner. La plupart du temps, une seule chute sera de trop pour espérer rattraper le rider de tête sauf si vous recommencez évidemment donc le challenge est à la hauteur! Sur les pistes plus courtes cependant, notamment celles avec beaucoup de virages serrés, l’IA semble beaucoup moins à l’aise et vous pourrez facilement gagner.

Une fois encore, c’est le TT et ses routes ouvertes qui brille, l’IA n’est pas forcément très difficile ou abusée lors des contacts, le plus compliqué c’est bien de maîtriser ces kilomètres d’asphalte entre arbres, murets, trottoirs, maisons et précipices! C’est sacrément étroit aussi! Pour tout ceux qui espèrent voir la piste Snaeffel débarquer dans un jeu comme Forza, j’ai beaucoup de mal à imaginer plusieurs GT3 se partager la route!

Technique

Testé sur une Xbox One X, ce TT Isle of Man: Ride on the Edge 2 est donc joué sur la meilleure plateforme (de salon) possible. Etant donné qu’il fait partie des jeux “améliorés One X”, je m’attendais personnellement à plus, notamment au niveau du framerate. Celui-ci semble locké à 30 images/secondes ce qui est toujours un handicap pour un jeu de course, surtout avec des machines aussi rapides. Cependant, le tout est très stable et ne souffre jamais de ralentissement (encore heureux me direz vous). Une des vues extérieures à la spécificité de “trembler” ce qui donne une impression de framerate plus élevé mais ce n’est qu’une impression. Il se peut que l’accélération matérielle de votre écran de TV permette d’afficher un meilleur taux de rafraîchissement mais si comme moi vous êtes encore sur un écran 60 hertz (et je suis toujours en 1080p) alors vous devrez vous contenter de 30fps.

Au niveau des sons, le tout me semble très bon avec des extras comme le cale pied qui frotte durant les virages (avec les étincelles qui vont avec). Les moteurs ont une caractère sonore différent mais n’étant pas motard dans la vraie vie, je ne saurais discerner avec certitude un Honda d’une Kawa, Yamaha et les quelques autres marques présents dans le jeu. Concernant les musiques je les ai vite retirées pour éviter le copyright Youtube mais elles n’avaient rien de gênant. D’une manière globale, on a à faire à un jeu vraiment bien réalisé avec des graphismes de qualité mais une lumière un peu crue, notamment en ce qui concerne le contraste très élevé sur certaines portions (contre-jour par exemple). Comme c’est désormais la coutume, il existe plusieurs niveaux de modélisation des motos, et le plus élevé se trouve dans le showroom où vous pourrez admirer chaque machine en détail. Elles sont vraiment très bien réalisées mais ce n’est pas une surprise car c’était déjà le cas dans l’ancien jeu. Une fois en piste, les stickers deviennent pixélisés et la modélisation globale est en retrait, mais jamais au point d’être franchement moche ou embêtant. Autre critique cependant concernant les temps de chargement qui sont vraiment longs, souvent au delà de 30 secondes. 60 images/seconde sur ce jeu aurait fait TOUTE la différence en ce qui me concerne mais bon, next gen il faut espérer (ou PC pour l’instant)!

Durée de vie

En attendant Moto GP 2020 et un fort probable RIDE 4 au vu de la communication de Milestone, TTIoM2 est une excellente nouveauté pour ceux qui sont pressés de mettre la main sur un nouveau jeu de 2 roues. Le mode carrière a de quoi tenir les joueurs en haleine pendant de longues heures, et si le contenu est tout de même assez limité (nombre de pistes et motos), tout optimiser vous prendra des siècles et c’est ce que l’on veut pour amortir l’investissement initial. Inutile donc d’avoir de craintes concernant la durée de vie du jeu, elle est amplement suffisante même si vous vous concentrez uniquement sur la Snaeffel Mountain Course!

Par contre, il faut espérer que la magie du DLC opère histoire d’ajouter un peu de variété dans les classes Supersport, Superbike et Classique présentes pour le moment. Étonnamment les side-cars n’ont pas fait leur retour et la présence de simple motos disponibles en concession comme dans Ride serait un énorme plus mais à ce stade c’est peut-être trop en demander. A noter que différents moments de la journée sont jouables mais n’espérez pas faire 60 km sous la neige, on est pas dans PGR4!

En plus des modes classiques que nous connaissons tous, il est important de mentionner le le “conduite libre” en solo ainsi que les défis en mode carrière. Pouvoir rouler librement sur la map sans avoir à suivre la moindre destination est absolument génial et laisse entrevoir un “Forza Horizon” dédié aux motos. Certes c’est faisable dans The Crew mais là c’est quand même un feeling différent et il faut avouer que la carte, sans être aussi grande que d’autres titres en monde ouvert, est suffisamment grande pour vraiment s’amuser. Par contre il y a quelques désagréments comme l’absence global de vie dans l’environnement et le fait de devoir quitter/relancer à chaque fois que vous voulez changer de moto.

Pour les défis en mode carrière, ils se débloquent au fur et à mesure et offre un bol d’air frais entre diverses compétitions, ensuite il sera temps de retourner à la poursuite des signatures nécessaires à la participation de la course TT! 

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